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Infections invasives à méningocoque : la DGS donne ses consignes devant l'augmentation des cas

En raison d'une augmentation des cas d'infections invasives à méningocoque (IIM) en France, la direction générale de la Santé appelle les professionnels de santé à la vigilance et reprécise la nouvelle stratégie de vaccination contre les IIM en vigueur depuis le 1er janvier 2025.

David Paitraud 27 février 2025 Image d'une montre4 minutes icon Ajouter un commentaire
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Un niveau exceptionnellement élevé pour le mois de janvier 2025.

Un niveau exceptionnellement élevé pour le mois de janvier 2025.iLexx / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

À la suite d'un point épidémiologique émis par Santé publique France le 19 février 2025 [1], la direction générale de la Santé (DGS) alerte les professionnels de santé sur l'augmentation des cas d'infections invasives à méningocoque (IIM) observée en France depuis novembre 2024 [2].

Elle relève un « niveau exceptionnellement élevé pour le mois de janvier 2025 » au cours duquel 90 cas ont été enregistrés (données non consolidées).

Avec 50 décès déclarés depuis juillet 2024, le taux de létalité s'élève à 13,7 %.

Les sérogroupes B, W et Y majoritaires

Selon les données recueillies et analysées par Santé publique France [1], les sérogroupes à l'origine des cas d'IIM signalés en janvier 2025 étaient : 

  • le sérogroupe B dans la majorité des cas (45 %), avec un taux de létalité associé de 12,5 % ;
  • le sérogoupe W (30 %) : les IIM à sérogroupe W sont à l'origine des formes les plus sévères, avec un taux de létalité de 19,8 % ;
  • le sérogroupe Y (25 %), avec un taux de létalité de 10,4 %.

Un appel à la vigilance en trois points

Selon plusieurs études, il existe une relation temporelle entre les épidémies de grippe et les IIM. « L'augmentation des IIM en janvier 2025 pourrait être liée en partie à l'épidémie de grippe particulièrement importante durant cette saison 2024-2025 », note Santé publique France [1].

Il a en effet « été montré que les infections par le virus de la grippe peuvent augmenter le risque d'infection invasive à méningocoque ».

Au 19 février 2025, malgré une diminution des indicateurs de la grippe saisonnière, l'activité grippale restait intense, particulièrement chez les enfants [3].

Dans ce contexte, la DGS appelle les professionnels de santé à faire preuve de vigilance devant des signes de méningite bactérienne :

  • conduite à tenir (cf. Encadré) :
    • prise en charge médicale urgente avec appel systématique du SAMU-Centre 15,
    • en cas de suspicion clinique de purpura fulminans : mise en route en urgence (en préhospitalier) d'une antibiothérapie à base de céphalosporines de 3e génération injectables (ceftriaxone ou céfotaxime) et prise en charge globale de sepsis grave associant pose de voie d'abord, remplissage vasculaire, surveillance continue des constantes vitales et transfert médicalisé vers une unité de réanimation ;
       
  • notification sans délai auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) et déclaration obligatoire ;
  • mesures de prophylaxie autour d'un ou plusieurs cas d'IIM : ces mesures sont présentées dans l'annexe 1 du DGS-Urgent [2] : antibioprophylaxie recommandées à base de rifampicine, ciprofloxacine ou ceftriaxone (à adapter en fonction des résultats de l'antibiogramme du cas index), en tenant compte de la fragilité du marché de rifampicine (cf. notre article du 30 janvier 2025). Cet antibiotique doit être réservé aux situations où la souche est résistante à la ciprofloxacine et qu'il existe une contre-indication à la ceftriaxone.
Encadré - Signes de méningite bactérienne chez l'enfant et l'adulte

Ces signes associent classiquement un syndrome infectieux et un syndrome méningé (fièvre élevée, céphalées, vomissements, raideur de la nuque, photophobie, trouble de la conscience, purpura, convulsions).

Des formes cliniques non méningées sont décrites : arthrites, formes abdominales.

Chez le nourrisson et le petit enfant, le tableau clinique peut être atypique.

La vaccination, la solution la plus efficace

La DGS insiste sur l'efficacité de la vaccination pour prévenir les IIM. Elle rappelle les nouvelles recommandations vaccinales applicables depuis le 1er janvier 2025 (cf. notre article du 7 janvier 2025) : 

  • l'obligation de vaccination est étendue aux sérogroupes A, B, W et Y en plus du sérogroupe C, chez tous les nourrissons ;
  • la vaccination contre les sérogroupes A, C, W et Y est recommandée chez tous les adolescents, à partir de 11 ans. 

Les annexes 2 et 3 du DGS-Urgent récapitulent les recommandations vaccinales et les vaccins à utiliser : 

  • de rattrapage pour la vaccination contre le sérogroupe B chez le nourrisson jusqu'à 24 mois ;
  • selon la population, y compris les populations spécifiques. 

Enfin, la DGS précise les modalités de vaccination des cas contact en complément de l’antibioprophylaxie :

  • lorsque la souche responsable du cas isolé est du sérogroupe A, C, W ou Y : le statut vaccinal de l’entourage d’un cas doit être vérifié. Le cas échéant, la vaccination doit être alors réalisée au plus tard dans les 10 jours après le dernier contact avec le cas index, avec les vaccins NIMENRIX (à partir de l'âge de 6 semaines), MENQUADFI (à partir de 12 mois) ou MENVEO (à partir de 2 ans) ;
     
  • lorsqu'il s'agit d'un cas isolé d'IIM B, la vaccination à visée prophylactique des sujets contact, en plus de l'antibioprophylaxie, n'est pas recommandée. Toutefois, le statut vaccinal des personnes de l'entourage doit être mis à jour.

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